H E R Z I
Bâtisseur de rêves
Herzi, est un artiste qui a les deux pieds dans la tourbe et l'âme d'un démiurge qui se bat pour que ses rêves deviennent création. Amer des cauchemars du passé mais incapable de renoncer à l'espérance...à une vision messianique...d'un jour meilleur. Mais pour Herzi cela débute maintenant....dans ses formes sorties de son imaginaire flamboyant.
Son adolescence se passe à Paris, dans le quartier du Termple. Son père, tailleur confectionneur à domicile travaille dur avec son épouse, pour élever leurs deux enfants. Dans cette ambiance laborieuse de l'après-guerre résonnent les récits héroïques de son père parvenant à échapper au sort, macabre réservé aux juifs. Enfant, peureux et nostalgique, se réfugiant dans ses pensées ailleurs. Il préfére déjà les derniers de classe aux brillants premiers, car il se sent du coté des faibles. Projette quand il sera grand de défendre la veuve et l'orphelin..et de réaliser ses idéaux de justice envers les opprimés.

A la suite d'un grave accident en auto survenu à 33 ans, il plonge dans une période de déprime -souffre d'affreux maux de tête- qui fait resurgir ses angoisses. Il entreprend une psychanalyse. Cette thérapie lui permet, ni d'effacer les peurs qui le hantent ni les blessures qui l'habitent, mais d'apprivoiser le schmürz * en lui; soit de le transformer, d'en faire un compagnon, de vivre avec, d'apprendre à le (re)connaitre, de le laisser s'exprimer. Commence un travail sur lui, Le travail par lequel il va se redouvrir. * Personnage affreux, voire monstre, inventé par B.Vian

Herzi, mis face à lui-même, se révèle pugnace et débordant d'énergie, mais garde cette allure fragile telle une marque de fabrication indélébile. Il s'affirme en homme révolté c'est à dire provocateur en guerre contre l'indifférence, écorché qui tient à se souvenir, amoureux de la beauté des âmes, humaniste qui valorise l'authenticité, croyant sans religion, témoin qui s'insurge contre d'injustice.
Les déboires qu'il essuie, les desillusions qu'il assume, les fourberie qu'il déjoue, les faux--semblants qu'il dénonce font le blé de son engagement, car à partir de l'ivraie, qu'il veut faire du levain. Loin de fuir ce qui fâche, c'est la manne qui donne le tempo à sa vie et inerve son art. Il ne voit qu'une et même chose dans ce qui le faire vivre et ce qui le pousse à créer. et c'est ce qui donne sens à son combat. L'homme et l'artiste ont les mêmes chimères: la lâcheté, l'hypocrisie, la pusillanimité, la couardise...
Rebelle, critique, il se défie des discours trop doctes. Ses convictions oscillent à l'aune de ses expériences et de ses erreurs, rejettant la notion d'échec. Il préfère se dire que tout est matière à rebondir. Les théories ne sont rien d'autre que des pense-bêtes, quant aux idéologies elles ne sont que des "repoussoirs" à penser par soi-même. Sa philosophie l'a conduit, conscient de la "nuisibilité" des hommes, à revendiquer une position anarchiste et individualiste La graine d'humanité, pour Herzi, s'arrose de la vigilance envers le pire...le pur et le dur se confortent.

Conscient que le "moi non plus" est à l'oeuvre. Rien n'échappe à l'esquive, au doute, à l'entame, cette insuffisance. existentielle à laquelle nul ne peut se soustraire. Sa parade au pire (dans le sens d'arrêter ou du moins d'adoucir les angles) se transforme en parade créative (exhiber). Une défense qu'il a brodée sur sa peau et dont il se sert à la fois comme cuirasse et tue-mouches à la frustration. Se cogner contre la vitre de l'impossible n'est pas une fin en soi (encore moins de non recevoir), il reste pour le chercheur la possibilité de méditer, de dépasser, de sacraliser l'obstacle et pour Herzi cela s'appelle: Créer.
L'amour pour son père - apatride, réfugié polonaise, rescapé de la barbarie - ne la pas empêché d'être en conflit avec lui et de ne jamais chercher à ressembler au "Mensch"*que ce dernier espérait voir en lui. (homme digne et nanti occupant une place respectable dans la société). Insoumis, probablement ingrat, assurément hors-norme, il a préféré suivre sa propre idée, autrement dit tout le contraire de ce que son père pensait. Non pas vivre pour le prestige aux yeux des autres mais pour le plaisir de son for intérieur.

Paria des poncifs... croqueur des systèmes....renégat des "prêt à penser"... sabordeur des "prêt à vivre"; non! les clubs où il fait chaud d'être à plusieurs, ce n'est pour lui. Même si c'est la galère de naviguer à vue, mais pis la houlette du maître qui cache l'horizon. Flibustier des conventions et aventurier de la vie, Herzi est un franc-tireur retrousseur de faux trésors et trouveur d'âmes, Son exil intérieur le met à l'écart de la soumisssion servile.

Sa quête d'absolu très haut perchée exhorte la réalité de ne jamais la dénaturer....le choses marchent dans l'autre sens pour lui. C'est à l'absolu de "naturer" la vie,. Avec sa verve, sa fantaisie, sa candeur il s'est exilé dans son langage, ses mythes, son style, sa technique, son esthétique qui ne veulent ressembler à quiconque.
Pas dupe de sa folie, il sait que l'objet qu'il cherche à mettre en forme n'est que le reflet de la contrée où s'exhibe son fantasme. Chacun le sien. Sachant pertinemment que l'imprévisble, le mystère, l'inclasable dérangent, il mixe dans son atelier imaginaire et utopie pour échapper à ce savoir qui rend bête à force d'être trop instruit. Son art est un pari insensé celui de créer la beauté du sens qui n'est autre qu'un sens qui se réinvente sans cesse, riche d'une portée vraie d'un instant.
"Je veux donner une valeur aux choses
non pas pour ce qu'elles représentent
mais pour ce qu'elles signifient"