TOLMENS
Dédalle de âmes
Installation pérenne dans le parc de la Fondation d'Art Prouvost
Inauguration le 03 octobre 2008, en présence de Ghislain Prouvost,
Marcq en Baroeul - Nord de la France
Révolte
....contre l'indifférence
A la croisée des chemins dans mon imaginaire, entre Totem (ancêtre, emblème protecteur du clan) , Dolmen ( Monument funéraire de pierrres datant d'avant Jésus Christ) et Golem (Humanoïde fait d'argile, être inachevé, fou, ébauche de l'homme), les TOLMENS refutent tout acte d’étalage, de sensiblerie ou de prosélytisme.
Porte-parole ...des innocents, des malaimés, des estropiés de la beauté, des privés de miel et de lait d'ânesse... des maux-dits qui portent sur le front les stigmates...de l'offense faite à la justice.
Engagement pris d'entr'ouvrir les paupières d’un songe amer, d'un vieux cauchemar... d'un fantasme, d’une angoisse, d’une fixation rivée dans les miasmes de l'enfance. Lâcher un cri ...celui d'un gamin accablé, dréssé contre le sentiment d'injustice.
Figuration défigurée, conglomérat disséminé, magma atomisé...forme informelle à l’effigie du symbole de l'inacceptable et de l'inconsolable.
Infime solidarité post-mortem envers les victimes : corps calcinés, âmes broyées ... tortionnaires qui pour la plupart sont de simples exécutants de l'exécution finale.
Cribler de lumière l’opprobre. Félonnie de l'homo sapiens-sadique envers ses frères humains. Dissimulation de la honte. Toucher un réel inommable. Exhiber une réalité qui est à jamais dans le secret des coeurs. Horreur de la puanteur qui embaume le reliquat d'humanité des charniers. Shoah...plus jamais!
Du bout des doigts re-présenter l'immonde. Morsures d'acide pour les yeux qui ont vu...glaucome pour ceux qui imaginent. Ressenti d'un hors monde, d'un hors-raison. Submersion au monde, félure d'une dévastation. Destruction du rêve de Gandhi.
Exhorter les braves à réagir au pire. Hommage aux absents. Réaction de dégoût, de fascination, de rejet,....le K.O est dans l’indifférence. Regarder induit d'entendre : les râles qui s'époumonent. Formes torves, pupilles de la norme, à la mesure d'où elles reviennent. Déranger, bousculer, bouleverser..pertes des re-pères : retour de l'enfer.
Hors les normes...météorite de l'astre des désastres. Dévoilement .... formes extirpées
éventrées, décharnées, empalées. Faute de Stockmann à leur mesure...corps broyés, corps sans nom...corps perdus dans les cintres. :
Ne pas s’apparenter à la misérabilité de l’âme. Tourner le dos au scribe des enluminures. Ne pas choquer, ne pas sortir du lot, ne pas faire tâche, ne pas faire différent. Transparence de la poltronnerie. Audace du juste.
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Provocation des mots, de la parole. Morse du dialogue. Cache cache des alter ego. Tumulte et exode des singularités. Shaker avec les "pas même que soi". Delta de la différence. Eventail du même.
Formes de l'invention de l'homo non soumis aux idéocraties, au suivisme, au psittacisme, à la fadeur de l’être, à la non-insolence, à l’ersatz. Formes hirsutes du trou noir de l'image.

Surgira un homme ancré, centré,projeté. Imatu-Imatoi-Imanence. Investi d'un espace sacré. Partage et séparation de l'Autre. Verso de lui-même.

Galvanisés de leur croyance. Aux fantassins blindés de certitudes psalmodier l’espérance d'un humanisme larvaire. Langue presqu'inaudible vomissant ses viscères. Révolte contre les sanguinaires. Traumas avortés couvant depuis l’enfance.
Urgence d'empêcher de tourner en rond. Sonner l'angelus macabre. Pourfendre la grisaille des carcans... étau à être, à dire, à faire. Outre-tombe des décimés. des l’horrifiés qui se croyaient en sécurité.

Aboyer la métaphore. Chancre du maléfique, du possible du pire. Brèche des extrèmes. Médiocrité, décapitante, du conventionnel , des a priori, la salissure des rumeurs.

Dénoncer l’anti-mémoire, le déni. L’impavidité face aux génocides. Pas de répit aux spoliatieurs de destins. Donner leur vrai nom aux porteurs de fléaux. Fustiger la fourberie de ceux qui font croire que "les autres" ne nous concernent pas, Sauf quand la flamme immole les siens.

Ne pas banaliser l’injustice, le mépris, le courroux des justes. Refuser la résignation et rejeter la fatalité du tourment, du tournis. Ô formes viscérales, ombilicales, vos entrelacs dénoncent le chancre du genre humain. Ô triste lâcheté de ne pas s’offusquer de la douleur.

Dangerosité humaine. Cohorte de baisseurs de bras, des moins pugnaces, face à l’impensable, à la déraison, à l’immonde, à l’absurde. Dérive jamais proscrite du fait d’une civilisation qui ne civilise plus assez. Se défier de l’or et sauvegarder les vigiles de la sagesse.

Haro à l’hypocrisie. Gare à la cruauté, Attiser les peurs d'enfant pour ne jamais se départir de la vigilance. Alerté du qui vive afin que la réalité ne surpasse la fiction. Nos cauchemars ne doivent pas sacrifier le sacré de la vie. Dresser ses antennes de paix.
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Héritage collectif. Patrimoine qui nous maintient humain. Remparts à la fange. Sentinelles des paupières dévisageant l’inacceptable. Refus de tomber dans la veulerie et les compromis glauques au point de nous illusionner sur la barbarie dont les hommes sont capables.

Cruauté sous nos talons. Merveilles des homme dans nos rétines. Sonner le tocsin d'une humanité qui s'émeut. Se sentir se fragilisé. Mûrissez raisins de la colère et an après an évidés vos pulsions de terreur. Hommage aux liens de fraternité et d’amour à réinventer. Guérir de ses blessures. Témoigner de l’impossible qu'on veut possible. Réve d'Herzi, fou parmi les fous.