DANSE AU DESSUS DU TIGRE
98 cms X 56 cms X53 cms
Technique mixte de modelage
(chanvre, sable, liant minéral, patine vernissée)
Herzi ....créateur
Crochet du droit au chaos de la vie
En 1996....à 51 ans à un moment de grande turbulence qui secoue sa famille, Herzi éprouve le besoin d'exprimer son désarroi, de créer, de sculpter. Ses mains se confrontent à la matière. Il laisse parler le magma qui l'enserre. Il se sent basculé dans un monde où la réalité n'a plus prise.

Que se passe t'il ? Herzi rejoint -de coeur- sa femme dans le combat qu'elle mène contre son cancer. Son gendre, quelques temps auparavant, s'est suicidé. Le sol sous lui se dérobe. Il traverse une période de chaos et vit cette épreuve comme la redite d'évenements passés. Un sentiment d'impuissance l'envahit. Pas terrassé, bien au contraire!...redoublant de l'envie de se battre .....
La peur n'a pas de prise sur lui. La douleur qu'il ressent exacerbe l'impression de ressentir la souffrance de ses aieux. En se mettant à sculpter, ce sont de vieilles blessures enfouies qui resurgissent de l'ombre. Ce retour aux origines lui fait revivre au présent ...ses souvenir d'enfance. Veut appréhender l'horreur qui le submerge : il extirpe de ses entrailles de vieux démons pour enfin voir à quoi ils ressemblent. Il balubutie avec ses doigts le langage fait de révolte et d'espérance, dont il fait l'objet de sa création

Progressivement il entre dans une autre dimension : le besoin d'inventer, d'imaginer en volume un monde tel qu'il le rêve. Comme si cela le consolait de ce qui n'existe pas dans ce monde-ci. Il entreprend un projet démesuré (voir rubrique "Interior"; les Tolmens), à la mesure de la folie qui le gagne en le réalisant. Ce qu'il fabrique, ce qu'il vit, le fait entrer dans une fiction qui devient presque réelle...étant entouré de ces formes devenues gigantesques. Imprégné d'elles, il plonge dans ce à quoi elles le renvoient. Son atelier situé dans une friche industrielle à Tourcoing abrite l'aventure qui fera que sa vie ne sera plus comme avant.

Quel fut le parcours d'Herzi avant de réaliser tardivement sa passion pour la sculpture? Un parcours complétement atypique, comme ses oeuvres, qui commence par une scolarité et quelques années d'études supérieures sans conviction. ll débute dans la vie par de nombreux jobs...pigiste, pion d'internat, professeur de comptabilité, secrétaire particulier, maquettiste, receptionniste d'hotel... avant d'aborder plus sérieusement le monde du travail, en autodidate.
En fait son parcours passera par 28 années passées en entreprise...son envie de sortir du rang, le fera suivre des cours du soir en marketing, ce qui lui permettra d'occuper des fonctions de cadre dans développement et la stratégie et d'être consultant indépendant en Identité Visuelle pendant les 10 dernières années.
Ne se satisfaisant pas du matériel de la vie, il se passionne d'orient et entreprend une recherche dans une voie spirituelle. Parallèlement, à ses activités professionnelles , il se forme au Yoga et devient enseignant. Fait un séjour en Inde et donne cours, en soirée, dans les M.J.C . Mais cette voie ne lui apporte pas toutes les réponses qu'il a besoin de se donner. Quelques années plus tard, en 1978, à la suite à un grave accident en automobile...un autre chemin s'ouvre à lui.
Celui-ci commence dans le fracas...un traumatisme crânien et de multiples fractures. Son accident lui fait connaître une période très troublée par une remise en question...cela s'appelle aussi dépression. Son généraliste, hormis quelques médicaments, ne peut rien faire pour lui mais l'incite à aller consulter un psy. Et c'est ce qu'il fait, le psy est un psychanalyste avec lequel il entretient une forte relation qui durera une dizaine d'années. Après ce parcours de 18 années ...incluant sa cure et une formlation théorique et clinique ... il devient à son tour psychanalyste.
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Il partage son temps, aujourd'hui entre ses analysants et la Sculpture. Contrairement à ce qu'un journaliste, avait écrit, un jour, sur lui, Herzi n'est pas un dilettante, mais un passionné de la vie ....dans ces multiples facettes. Curieux, ...il s'engage dans la création, sans tabou, inventant son esthétique, en dehors de toute école. Llbre dans ses pensées et dans sa technique, Herzi est un autodidate, qui cherche pour chaque création à se renouveler. Il avance à son rythme dans cet Création NUE (concept de son cru. se reporter à la rubrique Portofoli 2 ) qui se nourri du parcours de sa vie sensibilisée à la souffrance des âmes. Ses créations est sa vie ne font qu'un .
Suite ...
La question de L’ART .....mise au travail
4ième enveloppe
Le médium
J’entends par ce terme la technique tant au niveau du processus que des outils. Autrement dit quel sont les moyen qui permettent de passer de l'idée de départ à sa matérialisation. Que se passe t’il entre ces deux moment..d’abord dans ma tête (on va dire au niveau cognitif) et dans mes mains (la technique et les outils utilisés).
Le propos qui m’intéresse est de mettre en forme, comme je l’ai déjà dit, cette chose qui m’échappe...Freud l'a appellée l’inconscient mais cela existe sous bien d'autres mots dans d'autres cultures...ce que je sais mais à mon insu.
Ce matériel psychique, cette matière, que pour j’ai dû refouler- mettre de coté, enfouir dans les limbes- pour pouvoir continuer à vivre “normalement”. Imaginez que vous avez mal aux dents et que vous allez voir un beau film...pendant la projection votre attention sera ailleurs....au retour il y a de grande chance que le mal revienne.
Eh bien....le processus créatif que je suscite c’est de ne pas me faire de cinéma....c’est de transformer le mal de dents en création. C’est une image....car bien entendu derrière cette idée de mal de dents vous pouvez mettre mille humeurs et états d’âme .
Comment accéder à ce refoulé? Paradoxalement il n’y a rien a faire et c’est ce qui est difficile. La volonté, le désir de bien faire, l’intention...rien du tout.
C’est sans doute pourquoi je mets l’accent sur la pulsion car une fois que je me suis débarrassé de mon cartésianisme, de ma logique, de tout ce qui pourrait me rassurer de bien faire et d’aller vers un but précis, peut commencer à opérer l’alchimie de ces périodes de création dans lesquelles je rentre comme si je rentrais un peu en transe.
Un espace qui ferait transition entre l’état normal, conscient et l’état de lâcher prise, de dérive...de délire (et nous savons qu’un délire est utile c’est une manière de redonner du sens, de reconstruire sa représentation de la réalité...les psychotiques on besoin de leur délire et celui-ci les aide à se ”guerrir” de leur trop grande souffrance).
A la différence que moi j’y rentre et j’en sors ....de cet état transitionnel et sans trop de dégâts. Quoique je ne sais pas si je suis un être si normal que ça ! Après tout, qui n’a pas en lui ce noyau psychotique dont parlait Mélanie Klein.
Je rentre dans un état paranormal, je m’expatrie, je sors de ce monde des autres...pour aller à la rencontre de l’étrangeté du grand Autre...cette spiritualité du sens, d’une éthique que je recrée...qui est cachée...je dis assez à l’infini de cette société de l’avoir...du tout avoir, je dis assez à l’amour océanique et fusionnel de la passion ....j’essaie de poser ma petite pierre, bien dure, bien limitée, bien individuelle....et tant pis pour les illusions.
Le medium repose aussi sur cette notion qui pourrait s’assimiler autalent et au savoir faire. En l'espèce, pour la création Nue, c'est deux vecteurs sont réduits au minimum syndical. Je fais appel la plupart du temps au bricolage et à l'inventivité de la technique...que je crée à mon besoin...pour chaque travail j’invente en quelque sorte l’outil.
Par contre, plus je travaille plus j’acquiers des ressources et de l’assurance et ma dextérité me procure plus de liberté. Finalement étant autodidacte, la finalité...en elle-même justifie les moyens. Peu importe le support technique que j'ai utilisé, si ce que je suis parvenu à faire passer répond à ma quête d’étonnement et de surprise. Je n’ai besoin d’aucun pré-requis sinon cet état d’esprit qui se résume à “plus je sais ...moins je sais.
L'objet
Il s'agit de la forme concrète de la réalisation, de la matérialisation finale. Et là encore le champ est grand ouvert sur la diversité, l'objet en matière de Création NUE peut se décliner sur toutes sortes de supports...je n'ai aucun a priori dans ce domaine.
Tous les supports et tous les matériaux, y compris ceux récupérés...sont bons, dès lors qu'ils sont une lettre de la phrase que je veux écrire... qu’ils sont supports à mon expression.
Par ailleurs, je serais incapable de reproduire deux fois la même chose, tant le chemin emprunté est unique et ma technique un mix de mémorisation et de hasard, de providence....mais je ne crois pas à l’aspect fortuit...ni à la fatalité ni au marre de café ou à la cartomancie....je pense que les choses se déroulent selon une logique inconsciente...une chose en entraine une autre etc De ce fait, je laisse plus les choses se faire comme elles doivent se faire et au moment où je suis prêt à les faire.
Pour l'instant, je n'ai été attiré que par la matière et le volume, mais rien me dit qu'un jour il en soit autrement.